Hip hop disjonction

Pierre ANTONIUCCI

 

Exposition du 5 février 2026 au 27 mai 2026

Vernissage le 5 février 2026 à la galerie Net Plus – 18h30

 

Fragment sur une peinture de 240x120cm, huile sur carton, 2025, Pierre Antoniucci

 

Pierre Antoniucci est un artiste contemporain, peintre et sculpteur, originaire de Paris. Après avoir enseigné aux beaux-arts de Rennes et de Tours, il vit et travaille actuellement à Malakoff. Il est représenté par la galerie Oniris (Rennes) et la galerie Akié Arichi (Paris) et a exposé à l’international.

Hip Hop Disjonction présentée par la galerie Net Plus présente des créations de différentes périodes de la carrière de l’artiste. Sans être une véritable rétrospective de l’œuvre de Pierre Antoniucci, l’exposition est un dialogue entre passé et présent qui montre l’évolution de sa création et des questionnements qui l’habitent. Le portrait, le mouvement, la couleur, le cadrage, il s’inscrit dans la lignée des peintres modernes en venant, lui aussi, questionner et détourner les codes de la peinture.

L’exposition Hip-hop Disjonction s’inscrit dans une réflexion profonde sur le mouvement, le temps et les relations humaines, à la croisée de la peinture contemporaine et des cultures urbaines. À travers un ensemble d’œuvres picturales, d’installations en mouvement et de performances, l’artiste propose une expérience immersive qui dépasse la contemplation statique pour engager le corps, le regard et la pensée du spectateur. L’exposition se présente donc comme une invitation à la danse et une ode à la vie.

Les oeuvres exposées sont des assemblages de toiles peintes au début des années 2000 et d’autres plus récentes qui viennent dialoguer entre elles pour créer un récit nouveau. Ce rapprochement temporel constitue une véritable relecture de l’œuvre antérieure de l’artiste. Les peintures, extraites de leur contexte initial, sont réagencées afin de produire une nouvelle histoire. Ce travail de recomposition révèle une conception de la création comme processus continu, dans lequel les œuvres ne sont jamais figées mais susceptibles d’être réactivées et resignifiées.

 

Hip hop disjonction -Tout tombe A2, 2025, Crayon à l’huile, Pierre ANTONIUCCI

 

Ces assemblages prennent la forme de compositions que l’artiste nomme JAB. Emprunté au vocabulaire de la boxe, ce terme évoque à la fois l’impact, le rythme et la répétition. Les JAB fonctionnent comme des unités visuelles dynamiques, où fragments picturaux, gestes et couleurs s’entrechoquent selon une logique proche de celle du mouvement corporel. Ils traduisent une pensée du montage et de la disjonction, dans laquelle la fragmentation devient un moteur de sens plutôt qu’un obstacle à la lecture.

Sur le plan matériel, Pierre Antoniucci peint sur de grands cartons en nid d’abeille, un support industriel et en apparence fragile, qui témoigne de son intérêt constant pour l’expérimentation des matières. Le choix de ce matériau engage une réflexion sur la résistance, la légèreté et la temporalité de l’œuvre. La création ne se limite pas ici au geste pictural traditionnel ; elle se déploie dans l’exploration des supports, des textures et des médiums, affirmant une pratique élargie de la peinture, à la frontière de l’installation. La création ne réside pas simplement dans les coups de pinceaux, mais également dans l’expérimentation avec différents médiums.

L’influence majeure de cette exposition est la rencontre de Pierre Antoniucci avec le hip-hop lors d’une visite au Centquatre-Paris, lieu emblématique de diffusion et de création des cultures urbaines. Là, il découvre ce qu’il qualifie d’une “foule multiple désynchronisée où chacun danse seul, dans sa bulle.” . C’est pour lui le début d’un véritable questionnement, à la fois sur le rapport des individus entre eux, mais aussi sur le mouvement. Représenter le mouvement est un enjeu aussi vieux que la peinture elle-même, rappelle l’artiste. Ici il est fasciné par les danseurs de hip-hop et de break qui tombent, se cassent et rebondissent. Le rebond, selon l’artiste, constitue une affirmation de la vie : malgré la chute, quelque chose persiste, résiste et se remet en mouvement. Finalement, on se relève toujours.

Cette image devient le point de départ d’un questionnement à la fois esthétique et philosophique : comment représenter le mouvement ? Comment traduire, par la peinture, des corps en perpétuelle transformation, pris entre individualité et énergie collective ? La question de la représentation du mouvement traverse l’histoire de l’art, de la peinture classique aux avant-gardes modernes. Antoniucci s’inscrit dans cette continuité tout en la renouvelant.

 

« Glacé », 1998, acrylique sur toile, Pierre Antoniucci

 

Au travers de la question du hip-hop et de la peinture, l’artiste revient à la source de questionnements profondément humains : le souffle de vie et le rapport au temps, deux concepts qui peuvent nous dépasser, nous paraître immenses ou inquiétants. La peinture devient un espace où le temps se superpose, se fragmente et se recompose, à l’image des corps dansants qui traversent l’espace sans jamais s’y fixer totalement.

Pourtant, c’est une affirmation positive qui ressort de cette exposition. Nous sommes tous humains et donc traversés par ces questionnements existentiels, mais nous sommes ici invités à rebondir et danser, dans notre bulle ou bien tous ensemble. L’exposition se déploie selon une temporalité évolutive. Lors d’un premier temps, marqué par le vernissage du jeudi 5 février 2026, l’accent est mis sur la peinture. Les œuvres sont présentées seules ou en compositions murales, compositions dans lesquelles les surfaces planes se succèdent et s’assemblent, évoquant la décomposition du mouvement et sa retranscription sur des supports fixes. La danse est alors suggérée, contenue dans le rythme visuel des JAB.

Dans un second temps, les supports évoluent, se mettent en mouvement. Grâce à des structures dotées de moteurs, des compositions tubulaires s’activent pour traduire le tournoiement des danseurs qui rebondissent. Cette activation des œuvres s’accompagne d’une performance de breakdance, fruit d’une collaboration entre les danseurs et Pierre Antoniucci. Ce moment performatif révèle les œuvres sous un jour nouveau et renoue avec les pratiques du hip-hop qui ont initialement nourri la démarche de l’artiste. La performance est également accompagnée d’un texte écrit par Antoniucci, qui explicite son propos artistique et inscrit la parole comme un médium à part entière.

Enfin, cette rencontre entre peinture, danse et texte fait l’objet d’une captation vidéo destinée à la réalisation d’un court-métrage. Cette création audiovisuelle constitue une synthèse de Hip-hop Disjonction, mêlant images fixes, corps en mouvement et discours de l’artiste. En immortalisant le geste et la collaboration, le film se présente à la fois comme une archive et comme une œuvre autonome, prolongeant l’exposition au-delà de l’espace et du temps de la galerie.

 

 

DOSSIER PÉDAGOGIQUE DE L’EXPOSITION :

 

 

 

 

 

 

Informations pratiques :

> Galerie Net Plus, 60A rue de la Rigourdière, Cesson-Sévigné

> Ouverture du lundi au vendredi (9h-12h / 14h-17h)

>️ Médiation guidée gratuite sur réservation

 

Exposition précédente :

Des paillettes dans le fumier, Damien Rouxel

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