Tableaux : Cédric Martigny

Cédric Martigny développe depuis plusieurs années une démarche photographique portant sur la mise en scène collective ou individuelle dans lesquelles les personnes volontaires sont dirigées, tels des comédiens, dans une représentation théâtrale.

TABLEAUX D’HISTOIRES HISTOIRES DE TABLEAUX

Sa démarche lui permet d’inventer une relation nouvelle avec les sujets photographiés, qui, acceptant d’interpréter certains gestes et postures, se transforment en acteurs participant à la création.
La mise en scène est pour l’artiste un moyen de créer de nouvelles interactions, à la fois ludiques et participatives, entre les salariés et leur environnement de travail.
Dans le processus de fabrication de ses travaux, une grande attention est apportée à la parole.
Chaque mise en scène a pour préalable un entretien qui fait l’objet de notes écrites ou bien d’enregistrements.


UN PROJET QUI PREND SES SOURCES DANS LE TRAITEMENT DE L’URBANISME AU CINÉMA

Dans le cadre de ce projet de résidence au sein du groupe Lamotte, Cédric Martigny souhaite pousser sa démarche plastique en s’intégrant au sein de chaque prise de vue, tel un personnage récurrent évoquant les films de Harold Lloyd, Jacques Tati. Dans deux films emblématiques, Mon Oncle et Playtime, Jacques Tati développe une théorie urbanistique qui pointe les dysfonctionnements produits dans un cadre de vie aux fonctions clairement identifiées (travail, loisir, habitat, transport). L’intérêt que le photographe porte à l’oeuvre de Tati et l’inspiration qu’il lui donne réside dans son utilisation du corps comme vecteur de communication. Son intrusion agit à la fois comme un grain de sable dans un rouage bien huilé, et comme un révélateur des aspect négatifs ou positifs des environnements sociaux et architecturaux qu’il traverse.


UN TRAVAIL QUI S’INSPIRE DE LA PEINTURE CLASSIQUE

Le travail de Cédric Martigny utilise la tradition de la peinture occidentale pour intriguer le spectateur et le faire « entrer » dans sa photographie.
Il s’inspire des multiples mises en abîme présentes dans l’histoire de l’art comme la plus célèbre celle des Ménines de Vélasquez.
« Mes photographies fonctionneront comme des mises en abîme, des machines visuelles rendant lisible ce qui se joue dans la fabrication d’une image tout en mobilisant la mémoire visuelle du spectateur ».
Des oeuvres entre deux mondes : peinture et photographie.
Il souhaite introduire dans les images de nombreuses références à l’histoire de l’art, tel que cela se pratiquait dans les Tableaux Vivants du 19ème siècle.
Interrogeant à la fois le statut documentaire de l’image, le dispositif de résidence d’artiste et la relation féconde entre photographie et peinture.
Chaque image se présentera comme un tableau photographique, à la fois documentaire et fictif.

Lire : Les compagnons, par Cédric Martigny

SUR L’ARTISTE

 » Cédric Martigny interroge depuis plusieurs années les relations que l’homme entretient avec son territoire et la manière dont celui-ci habite poétiquement son environnement. C’est en mêlant une approche sociologique, anthropologique et littéraire qu’il réalise des images où l’homme et le paysage se trouvent mêlés, dialoguant l’un avec l’autre.

La forme de ses travaux se situe également entre le témoignage d’une réalité sociale (physique et psychologique) et la proposition plastique tendant vers la fiction. Entre photographie documentaire et photographie plasticienne, son travail a ainsi évolué ces dernières années vers des mises en scène de plus en plus construites et élaborées.

Comment représenter des interactions entre différents groupes ou classes constituées ? Comment décrire les différentes qualités et intensités de liens sociaux caractérisant notre époque ? Comment mettre en forme les tensions entre individuel et collectif ? Ses recherches sur la mise en scène ont permis de trouver une réponse plastique à la question de la représentation d’un espace social contemporain par les moyens de la photographie.

Il a ainsi développé une méthode de travail basée sur une préparation importante en amont de la prise de vue. Des photographies de repérage, des dessins préparatoires ainsi que des notes constituent le scénario de chaque photographie. La construction (plan, composition, scène…) de chaque image est donc minutieusement élaborée, ainsi que la description des différents gestes. » Alexandra Aylmer

http://www.cedricmartigny.com/

À la fin de sa résidence un livre verra le jour et une exposition sera présentée sur les façades du siège du groupe Lamotte (déc. 2019).