Ricardo Cavallo, Les Rois

« Un après-midi de septembre, la fenêtre grande ouverte, j’ai vu des nuages qui s’avançaient lentement, des strato-cumulus gonflés de soleil, c’était merveilleux. Je voulais vivre à ce rythme (…). J’ai pressenti que la peinture permettait cela : faire un, avec le monde, avec l’instant du monde. »
Ricardo Cavallo

« A ma place dans le Monde »
Ricardo Cavallo

Né en 1954 à Buenos Aires, Ricardo Cavallo s’installe en France en 1976. Parisien d’abord, puis breton d’adoption, depuis dix ans il réalise une œuvre picturale et  monumentale, peinte par fragments sur site, puis assemblés à l’atelier. Il aurait pu accomplir son travail dans plusieurs endroits du monde. Pas partout, mais il aurait pu atterrir ailleurs. C’est comme si la marée l’avait déposée là, à Saint-Jean-du-Doigt, petit village côtier près de Morlaix, là où la côte nord de la Bretagne est si découpée.

« Je suis à ma place dans le monde » dit Ricardo.

Ricardo Cavallo a 25 printemps dans sa tête. Ses cheveux blancs ne sont en accord qu’avec son enthousiasme.  Son énergie de jeune homme est à l’image de la couleur dans ses peintures : débordante. Dans son village d’adoption il vit au rythme des marées et des « fenêtres  de peinture » que la météo ouvre ou referme. Avec son « bardât » de peintre sur le motif, il arpente les cotes et les déserts de rochers laissés subitement à l’air par une mer qui c’en est allée voir ailleurs.

Et là c’est Tintin sur la lune. Chaque morceau du puzzle qu’il va patiemment glaner à chaque marée, va constituer un nouveau monde. Lui qui porte dans son nom et dans sa vie les stigmates des « découvertes » du nouveau monde, il rend l’appareil à l’ancien monde en nous redécouvrant nos rochers.

Ricardo ne sait pas plus pourquoi il peint que nous pourquoi son travail  nous fascine.

Il produit une œuvre singulière et extrêmement puissante, totalement inclassable, plongeant le spectateur dans une expérience physico sensorielle unique, allant des « Nymphéas » de Monet, aux grands « Zip » de Barnett Newman en passant par les paysages fragmentés de David Hockney.

Nous sommes en présence d’une peinture qui rapt. Elle ne capte pas seulement le regard, elle nous incite à plonger tout entier dans un bain de couleurs, de formes, d’écritures picturales, de lumières changeantes. C’est de la peinture plongeante, comme le « Big Splash » de David Hockney qui partage cette « manière » d’assembler des bouts de paysages pour en faire un tableau.

Parce que oui il s’agit bien d’un tableau qui nous parle de la petitesse de l’homme dans le monde, sa solitude. Mais une solitude enthousiaste, d’une grande jouissance d’avoir trouvé sa place dans le vaste monde, hors du temps, hors des modes.

Voilà pourquoi cette est œuvre forte, captivante, et intemporelle.
Voilà pourquoi elle pourrait être moins méconnue.

Loïc Bodin

Janvier 2017

 

Exposition du du 26 janvier au 30 mai 2017

Infos pratiques :

Galerie Net Plus
40 rue du Bignon, Forum de la Rocade,
Z.I Sud/Est, Rennes
Tél. : 02 99 22 77 99
contact[at]ailesdecaius.fr

Entrée libre, du lundi au vendredi, de 9h à 18h
Visite de groupes sur rendez-vous.