[À l’ouest] Amniotique

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Depuis le 1er avril et jusqu’au 28 mai, nous présentons l’exposition « À l’ouest », de l’artiste Irène Jonas.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la réouverture de la galerie Net Plus, dès aujourd’hui, exclusivement sur réservation. Cependant, nous voulions continuer sur notre lancée et vous proposer chaque semaine, jusqu’à fin mai, de lire sur notre blog un article concernant les différentes séries présentées à la galerie Net Plus. Vous pouvez également retrouver une visite virtuelle de l’exposition.

Immerger, engloutir, sauter, sombrer, piquer une tête… Autant de synonymes et de nuances au fait de plonger. À la piscine ou à la mer, le premier plongeon est inoubliable. Mettre la tête sous l’eau, c’est un défi pour un enfant, exaltant mais angoissant. Car l’eau n’est pas notre environnement naturel, pas d’air pour remplir nos poumons. On se bouche le nez, on ferme les yeux et hop ! on plonge notre visage dans les vagues !

C’est sur ce « rite de passage » qu’Irène Jonas revient avec cette série : Amniotique. On y retrouve toute l’ambivalence qui fait son travail, entre joie et peur. Le traitement sombre de la couleur, le côté si trouble de l’eau qui mime la vision que tout un chacun peut avoir en ouvrant les yeux sous la surface, la présence inquiétante d’algues aux silhouettes floues… Le rendu de ses photographies peintes imprime en nous une certaine angoisse, pourtant, les visages sont souriants, les plongeurs jouent dans les vagues de l’Atlantique, se roulent en boule ou s’étirent, profitant de toute cette liberté de mouvements que leur offre la mer. 

La mer, ou la mère ? Amniotique, un nom si évocateur, un nom plein de sous-entendus. Le liquide amniotique, un liquide clair et stérile dans lequel baigne le fœtus durant 9 mois avant de venir au monde. D’ailleurs, certains plongeurs, sur les photographies peints d’Irène Jonas, s’enroulent sur eux-mêmes, comme en position fœtale. Si l’eau n’est plus notre environnement naturel, elle l’a été avant même notre naissance. Faut-il alors voir le fait de plonger dans la mer comme un écho à nos tout premiers instants ?

Pour Irène Jonas, mettre pour la première fois la tête sous l’eau, c’est un « rite de passage » vécu par tout un chacun. Il permet de grandir. Mais notre premier rite de passage, ne serait-il pas justement celui de la naissance, lorsque l’air entre pour la première fois dans nos poumons ? 

Une série qui interroge autant qu’elle fascine. Amniotique nous replonge dans notre enfance, ces vacances sur les plages de Bretagne ou d’ailleurs, nos premières brasses, la tête sous l’eau, entre angoisse et exaltation, et fait un parallèle certain entre la mer et la mère.

Charlotte Marie

©Irène Jonas – Agence révélateur 3
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Vues d’expo © Laurent Grivet
Visuels des oeuvres © Irène Jonas, Agence révélateur

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