À l’ouest 

Irène Jonas

À découvrir sur rendez-vous du 1er avril au 28 mai 2021

A l’ouest - Iréne Jonas

© Irène Jonas, Agence révélateur

La galerie Net Plus et l’association Les ailes de Caïus accueillent l’exposition « À l’ouest » de la photographe et sociologue Irène Jonas. Avec environ quatre-vingts œuvres, l’exposition propose aux visiteurs de découvrir un travail autour de la Bretagne et du Pays Bigouden, terre d’adoption de l’artiste.

Le Finistère. Là « où se finit la terre ». Un département côtier, aux paysages maritimes riches et aux plages de sable ou de galets.

Le Finistère, c’est pour beaucoup, les souvenirs d’enfance, des « vacances à la mer », le plus souvent en famille. La pelle et le râteau, le seau qu’on remplit de crevettes et d’algues, la bouée qui traîne sur la plage en attendant la marée montante, les plongeons dans les vagues… Mais hors saison, ce sont les mois noirs, les tempêtes qui se succèdent, d’épais nuages d’où dégringolent des pluies torrentielles. La vie y est laborieuse, et jamais ne s’arrête dans les ports, au rythme des retours de pêches, des débarquements, de la criée ou encore des réparations de bateaux sur l’aire de carénage. Ce sont ces univers et ces temps si différents qui l’artiste a voulu mettre en avant dans cette exposition. Deux visages d’une même entité, qui font toute l’identité de la côte du Finistère.

En navigant d’œuvres en œuvres, de séries photographiques en séries photographiques, nous voyageons dans une Bretagne bigoudène, non sans éprouver une certaine nostalgie. Le procédé artistique d’Irène Jonas participe pleinement à cette impression. Poursuivant une double démarche plasticienne de photographe et de peintre, l’artiste donne à voir des images à la fois familières, poétiques et étranges, frôlant parfois avec le surréalisme et le unheimlich : l’inquiétante étrangeté. En appliquant une couche de peinture à l’huile sur ses tirages photographiques, puis en scannant et en réimprimant le résultat, elle montre de nouveaux paysages, de nouveaux visages, qui se veulent proches de la réalité, tout en prenant de la distance avec celle-ci. Pour d’autres œuvres, l’artiste va peindre directement sur le tirage en noir et blanc et y apposer une couleur : celle de son souvenir, de l’émotion ressentie au moment de la prise du cliché. Un travail sur la mémoire qui se décline principalement avec une palette de bleus et ocres, incluant parfois quelques touches de rose.

Cette pratique artistique, Irène Jonas l’a entamée il y a plusieurs décennies, dans les années 1980, à contre-courant de ce qui se faisait alors en terme de photographie. Aujourd’hui, avec la proéminence du numérique en photographie, l’artiste réintroduit un geste plastique, presque artisanal en y appliquant une couche de peinture. Cette technique, devenue sa marque de fabrique, se retrouve sur chaque œuvre présente dans l’exposition.

En plus des tirages, nous vous invitons à découvrir, dans l’exposition, la vidéo PAS DE DEUX Quintette pour trio à cordes, flûte et harpe avec la musique de Jean Cras et les photographies de Irène Jonas. Cette vidéo a été réalisée par l’Orchestre National de Bretagne et sera diffusée tout au long de l’exposition.

Cliquez sur l’image pour découvrir des photos à 360° de l’exposition

Angoisse et exaltation

Les œuvres d’Irène Jonas nous dévoilent beaucoup de sa personne. Comme le Pays Bigouden qu’elle met en avant dans cette exposition, on découvre chez elle une certaine dualité, entre l’angoisse et l’exaltation. La série Amniotique en est le parfait exemple. « Mettre la tête sous l’eau pour la première fois, c’est comme un rite de passage », nous dit l’artiste. Enfant, lors des vacances à la plage, vient un jour où on met finalement, pour la première fois notre petite bouille sous l’eau. Angoisse et exaltation. La peur de plonger tête la première dans les vagues, dans un milieu qui nous est à peine familier, puis la joie, l’excitation d’y parvenir. Les photographies en elles-mêmes, de par leurs couleurs et leurs motifs, restent sombres, angoissantes. Pourtant, en croisant le regard de certains modèles, on n’y sent aucune peur. Comment ne pas les comprendre ? Quel bonheur de mettre la tête sous l’eau, de sentir le doux contact de l’écume sur sa peau, les cheveux flottants allègrement autour du visage !

Cette dualité, on la retrouve dans beaucoup des œuvres présentées à la Galerie Net Plus, notamment dans les séries photographiques en noir et blanc. Que ressentir d’autres que ces deux émotions face aux tempêtes bretonnes en approche, lorsque, à la fin de l’été, les nuages s’amoncellent et déferlent sur le Pays Bigouden, le martelant de pluies violentes et de puissantes bourrasques ? On observe leur beauté avec excitation, le sourire aux lèvres, mais on s’en méfie, on se met à l’abri de peur d’être balayé par les vents. L’angoisse et l’exaltation nous accompagnent également dans les rêves. La série « Insomnie » nous le rappelle d’ailleurs, par son imagerie sombre, énigmatique, qui nous pousse à observer avec une certaine curiosité ces clichés peints, tout en nous en méfiant.

Le souvenir de ces étés

En voyant les photographies peintes d’Irène Jonas, comment ne pas se souvenir de nos propres vacances en bord de mer ? Ces formats carrés, grands tirages ou polaroids, sont comme des photos de famille que tout un chacun peut retrouver dans de vieux albums, cachés dans des cartons au grenier ou soigneusement rangés dans une bibliothèque. Seulement, jamais on ne discerne les visages, impossible de reconnaître les personnes sur les images. Elles sont à la fois très intimes, mais aussi universelles. Tout le monde peut se retrouver dans les souvenirs qu’elles véhiculent.

Le travail de la mémoire est primordial dans l’œuvre d’Irène Jonas. Les couleurs qu’elle vient appliquer sur les photographies sont celles de ses souvenirs, des émotions qu’elle pense avoir ressenties au moment du cliché. Car la mémoire déforme, elle modifie, elle interprète avec son propre filtre ce qui a été. Les souvenirs sont alors comme des fantômes, des images trouées que l’imagination vient compléter. En peignant les couleurs de ses souvenirs sur les tirages, l’artiste évoque une réalité très intime, celle de sa mémoire. On la retrouve sur les photographies des vacances à la plage, mais également dans celle du travail de la pêche, ou dans ces paysages maritimes visités par des silhouettes floues, parfois fantomatiques, avec toujours beaucoup de poésie.

A noter : Deux rencontres avec l’artiste seront proposées les après-midi des 25 et 26 mai, l’occasion de découvrir ses œuvres et son nouvel ouvrage Crépuscules, publié aux Editions de Juillet. L’accès à l’exposition est libre et gratuit sur réservation d’un créneau (jauge limité à 6 personnes à la fois). Réservations par téléphone au 02 99 22 77 22 ou en ligne : https://urlz.fr/fenD.

Vous pouvez retrouver sur notre blog tout un ensemble d’articles sur les différentes séries de cette exposition :

  1. Quand le glaz devient noir
  2. Insomnie
  3. Bain de soleil en Pays Bigouden
  4. Amniotique
  5. Zéphyr sur le rivage
  6. La pêche à terre
  7. Pas de deux
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Vues d’expo © Laurent Grivet
Visuels des oeuvres © Irène Jonas, Agence révélateur 

L’ARTISTE : Membre de l’Agence révélateur, Irène Jonas est sociologue et photographe indépendante. En sociologie elle s’intéresse principalement à deux thématiques. L’une porte sur la sociologie visuelle : « Mort de la Photo de famille. De l’argentique au numérique » (Ed. L’Harmattan, 2010), l’autre sur le genre. En 2019 et 2020, elle a réalisé deux études sur la photographie, l’une pour la SAIF et la SCAM sur la santé des photojournalistes et l’autre pour la Part des Femmes sur les parcours des femmes photographes : Et pourtant, elles photographient. En photographie, elle mène à la fois un travail photographique sur le Finistère où elle réside plusieurs mois dans l’année et un autre travail en lien avec la mémoire et l’histoire. Elle a publié deux ouvrages ; Dormir, dit-elle (Ed. Arnaud Bizalion, 2018) et Crépuscules aux Editions de Juillet (2020).

LES AILES DE CAÏUS : active depuis 2009, l’association Les ailes de Caïus a pour objet le soutien et la promotion de la création artistique actuelle. L’association marque sa spécificité en favorisant la diffusion de l’art contemporain hors des circuits habituels, notamment au sein des entreprises mécène, de l’espace urbain et de l’édition. Elle est en charge de la programmation de la Galerie Net Plus et assure le portage des Rencontres Photographiques de ViaSilva.

LA GALERIE NET PLUS est le fruit d’une collaboration qui, depuis 12 ans, lie l’entreprise Net Plus et l’association Les ailes de Caïus. Ces années de collaboration ont permis d’aboutir en 2017 à un lieu de 340 m2 dédié à la création contemporaine. Installé au rez-de-chaussée du siège de l’entreprise, ouvert au public, il accueille 4 expositions par an. La programmation artistique et l’accueil des publics sont gérés par l’association. Ouverte à toutes et à tous, la galerie est située à Cesson-Sévigné, à proximité de Rennes. Espace inattendu au sein de l’entreprise, la galerie est un lieu de rencontre où se croisent visiteurs, collaborateurs, clients et partenaires.


Exposition du 1er avril au 28 mai

Ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 18h
Visite libre et gratuite
Cliquez ici pour réserver un créneau de visite 

Galerie Net Plus
60 A rue de la Rigourdière – 35510 Cesson-Sévigné
Bus n°67 – arrêt Champelé
Bus C6 – arrêt Rigourdière

www.net-plus.fr

www.ailesdecaius.fr

 

 

 

 

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