[À l’ouest] Bain de soleil en Pays Bigouden

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Depuis le 1er avril et jusqu’au 28 mai, nous présentons l’exposition « À l’ouest », de l’artiste Irène Jonas.

La galerie Net Plus étant fermée en raison du contexte sanitaire, et afin de faire vivre cette exposition, nous vous proposons chaque semaine, jusqu’à fin mai, de lire sur notre blog un article concernant les différentes séries présentées à la galerie Net Plus. Vous pouvez également retrouver une visite virtuelle de l’exposition.

Nous espérons pouvoir vous accueillir bientôt à la galerie pour profiter pleinement et librement du travail poétique d’Irène Jonas.

Après avoir plongé avec un mélange d’entrain et d’angoisse dans les deux précédentes séries d’Irène Jonas, nous pouvons aujourd’hui nous reposer sur la plage, allongé·e·s sur le sable chaud des plages bretonnes. L’été, le soleil brille, il réchauffe la mer et les baigneurs venus profiter des beaux jours.

Les châteaux de sable bordent l’écume, les ballons s’envolent vers le ciel et les corps se dénudent pour s’offrir aux rayons de Phébus, astre du jour. Les pieds dans l’eau, chacun repense à l’enfance, aux congés estivaux dans années passées, à ces jours heureux qui semblent, depuis 2020 et la pandémie, presque lointains.

Irène Jonas partage avec nous, à travers plusieurs œuvres aux formats variés, des clichés pris durant ses vacances. Les personnages sur les photos ne sont autres que des amis ou des enfants d’amis, de voisins qui vivent toute l’année durant en Pays Bigouden. Seulement, aucun visage n’est reconnaissable, ce qui rend ces images à la fois très intimes et parfaitement universel. Tout un chacun peu en retrouver des semblables dans ses vieux albums photos, cachés dans un carton au grenier ou exposés dans la bibliothèque du salon. Les enfants qui courent jusqu’à l’horizon pour rejoindre la mer, ces nuques joliment relevées du nœud d’un bikini … Tous ces clichés peuplent nos souvenirs, qu’ils soient imprimés ou précieusement gardés dans nos mémoires.

Pour ce travail, Irène Jonas utilise de la couleur, seulement, ce n’est pas n’importe laquelle ! Il s’agit, nous dit-elle, de la couleur de son souvenir. Ces photographies, lorsqu’elles sont prises, reposent un moment, avant que l’artiste n’y prête de nouveau attention. Elle se replonge alors dans les souvenirs de ces après-midi d’été en bord de mer et recouvre les images des couleurs dont elle à le souvenir. Elle les choisit en fonction de l’émotion ressentie en prenant les clichés. Elle joue ainsi avec le paradoxe de la mémoire. Cette dernière n’est, dans les faits, jamais parfaite. Contrairement aux photographies, qui fixent dans le temps une image très similaire à ce qui se trouve devant l’appareil photo, respectant au mieux les couleurs et les lumières, la mémoire est surtout faite d’impressions. Qui n’a pas été déçu·e, lorsque, une fois adulte, il ou elle est retourné·e sur un lieu de son enfance en se rendant compte que « c’était plus grand dans mes souvenirs. » ? La mémoire comble les vides, elle modifie les couleurs, elle modifie les formes, les tailles, elle se construit par le filtre émotionnel de tout un chacun. 

Irène Jonas nous plonge ainsi, à la fois dans sa mémoire et dans la nôtre, nous ramenant au moment des vacances des années passées et aux souvenirs d’enfance.

Charlotte Marie

©Irène Jonas – Agence révélateur 1
©Irène Jonas – Agence révélateur 2
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Vues d’expo © Laurent Grivet
Visuels des oeuvres © Irène Jonas, Agence révélateur 

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