[À l’ouest] Insomnie

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Depuis le 1er avril et jusqu’au 28 mai, nous présentons l’exposition « À l’ouest », de l’artiste Irène Jonas.

La galerie Net Plus étant fermée en raison du contexte sanitaire, et afin de faire vivre cette exposition, nous vous proposons chaque semaine, jusqu’à fin mai, de lire sur notre blog un article concernant les différentes séries présentées à la galerie Net Plus. Vous pouvez également retrouver une visite virtuelle de l’exposition.

Nous espérons pouvoir vous accueillir bientôt à la galerie pour profiter pleinement et librement du travail poétique d’Irène Jonas.

« Insomnie ». Voilà une série bien énigmatique : 16 images mystérieuses en noir et blanc d’où émane un effroi presque palpable. On est bien loin des plages du Finistère, et pour cause, ces œuvres ont été réalisées pour le prix du FotoMasterclass 2018 qu’Irène Jonas a remporté haut la main. Pourtant, l’ambiance est semblable à celle de cette saga photographique qui touche à la fin de l’été et le début des mois noirs du Pays Bigouden. Entre rêve et réalité, l’artiste nous plonge dans un sommeil troublé par l’insomnie. 

« Dormir, dit-elle

Au moment précis où les yeux s’ouvrent dans l’obscurité, on devine l’impossibilité à les refermer. Le lit si accueillant au moment du coucher se transforme en torture. On sait déjà qu’à part s’y tourner et retourner il n’offrira plus aucun abri. L’errance commence. Dans la maison tout dort. Parfois, il y a une certaine jouissance à arpenter, telle une ombre, les lieux silencieux et amicaux, mais à d’autres moments, les visions se font cruelles réveillant de vieux démons que l’on croyait endormis. »

Irène Jonas

Cette série offre une représentation de l’insomnie propre à Irène Jonas, par sa technique si particulière de photographies peintes. Les pièces vides semblent hantées par une quelconque présence. Les peluches et les poupées, nettes et en gros plan, contrastent avec les silhouettes floues des hommes et femmes qui peuplent ces lieux. Tous nos repères se perdent, impossible parfois de discerner le vrai du faux, les formes des unes des autres, qui s’entremêlent et fusionnent. On arpente ces endroits sombres tel un explorateur au cœur d’une ville en ruines, entre peur du noir et empressement curieux de découvrir de nouvelles choses. Car la nuit, tout ce qui nous est familier devient étrange. Les bruits s’intensifient, les espaces se déforment, l’environnement lui-même se transforme.

Finalement, la couche de peinture qu’Irène Jonas applique sur ses photographies est une belle métaphore de l’insomnie. Toutes deux nous font perdre nos repères, nous laissant seuls face à ces images troubles et obscures.

Charlotte Marie

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Vues d’expo © Laurent Grivet
Visuels des oeuvres © Irène Jonas, Agence révélateur 

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