[À l’ouest] Quand le glaz devient noir

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Depuis le 1er avril et jusqu’au 28 mai, nous présentons l’exposition « À l’ouest », de l’artiste Irène Jonas.

La galerie Net Plus étant fermée en raison du contexte sanitaire, et afin de faire vivre cette exposition, nous vous proposons chaque semaine, jusqu’à fin mai, de lire sur notre blog un article concernant les différentes séries présentées à la galerie Net Plus. Vous pouvez également retrouver une visite virtuelle de l’exposition.

Nous espérons pouvoir vous accueillir bientôt à la galerie pour profiter pleinement et librement du travail poétique d’Irène Jonas.

Le jaune du sable, les voiles aux multiples couleurs à l’horizon et dans les ports, le glaz de la mer, un bleu-vert si particulier qu’il a son propre nom en langue bretonne…

Le Pays Bigouden, où Irène Jonas pose ses valises chaque année pour de longs mois, est teinté de couleurs riches et infinies, bien loin du gris des cités-dortoirs aux alentours de grandes villes. Pourtant, avec cette série de 15 photographies peintes, elle nous montre un paysage fait de noir et de blanc, un bord de mer sombre, presque angoissant, seulement on ne peut s’empêcher d’y trouver une certaine exaltation.

On y aperçoit des silhouettes dont les pieds trempent dans l’eau, une bouée autour de la taille, tandis que d’autres, vêtues de leur plus gros manteau, affrontent les vents et les vagues qui viennent frapper le littoral. Cette série, sonne le glas de la fin d’été, des vacances qui s’éternisent, des derniers plongeurs. Il est temps de se mettre à l’abri des tempêtes. Les nuées d’oiseaux qui s’envolent sont comme autant de touristes qui quittent les plages à la saison noire pour retourner dans leur région, laissant aux plus aventureux, le courage d’affronter les vents violents et les averses incessantes.

Cette dualité qui anime Irène Jonas, on la retrouve dans cette série. L’angoisse y est palpable, dans la colorimétrie, dans ces traits de pinceaux, cette peinture qui vient recouvrir l’image d’origine, renforçant cette impression de tempête à venir ou déjà présente. Pourtant, cette menace n’effraie pas tout le monde. Certains personnages semblent prendre plaisir à affronter ces vents, accueillant les mois noirs avec un sourire dissimulé sous une capuche.

Impossible de reconnaître un visage, les silhouettes se dessinent sur le littoral sans jamais dévoiler leur identité, dans une ambiance sombre, presque angoissante qui n’est pas sans rappeler ce moment où l’on plonge tête la première dans le sommeil. Il y a quelque chose de l’ordre du surréalisme dans ces images, les formes se mêlent, s’entremêlent, discerner l’horizon peut s’avérer difficile, les personnages semblent, pour certains, se fondre avec le décor.

Le rêve n’est plus très loin.

Charlotte Marie

A l’ouest - Iréne Jonas
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Vues d’expo © Laurent Grivet
Visuels des oeuvres © Irène Jonas, Agence révélateur 

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